Guatemala – Bélize : du 15 au 30 novembre 2008

 

Principales étapes

 

Guatemala-City

Antigua

Panajachel

Lac Atitlan : Santa Cruz de la Laguna, volcan San Pedro

Panajachel

Guatemala City

Flores

El Remate

Tikal

El Remate

San Ignacio

Belize-City

Caye Caulker

Belize-City

Flores

Guatemala City

 

Vendredi 14 Novembre

 

Notre vol étant au départ de l’Angleterre, Simon prend l’Eurostar pour rejoindre Londres en fin de journée. Il arrive à Chesham par le métro, dans le noir et le froid, vers 21h. Une lumière est allumée au 7 Hawkes Court, Camille l’attend avec impatience. Son sac à dos est prêt dans l’entrée et une bonne odeur se fait sentir en provenance de la cuisine. Au menu ce soir pour débuter nos vacances : un assortiment de « bouchées gourmandes » faites maison : Canapés de guacamole sur carotte croquante, Concombre croquant au crabe, Mini pizzas. Crêpes en dessert, mais ayant oublié la levure, le résultat n’a pas été celui escompté !

 

Samedi 15 Novembre

 

Le réveil sonne à 6h. Nous nous préparons pour le taxi qui vient nous chercher à 7h15.

Direction l’aéroport d’Heathrow. Dans la voiture, l’odeur entêtante de tabac froid et de diffuseur d’odeur en plus des sièges bas à l’arrière rendent Camille presque malade. Heureusement, le trajet n’est pas trop long et la circulation très fluide à cette heure matinale.

Au Terminal 3, nous faisons le check-in pour Dallas, notre escale avant Guatémala-City. Dallaaaas, talalalalal… Simon ne manque pas de préciser ironiquement à l’hôtesse qui enregistre nos bagages qu’il connaît bien Dallas, grâce à la série télé. Heureusement, elle est anglaise et a le sens de l’humour…

Nous embarquons vers 10h, avec la compagnie American Airlines. C’est parti pour 9h de vol. Nous sommes assis sur la rangée centrale, disposant d’un petit écran de télé avec une série de films et documentaires. Un repas de qualité très moyenne nous est servi vers midi. Le service est également déplorable ! Simon, déçu en apprenant que le Champagne n’est pas gratuit,  rabat sur un coca-cola. Les hôtesses ne sourient pas et sont limite polies. Mais le voyage passe, nous regardons chacun des films et le début du plus grand navet de la décennie : « Mama Mia » avec Amanda Seyfried en fiancée niaise à baffer.

L’avion atterrit en douceur vers 15h (heure locale) à Dallas. Le contraste entre la délicatesse de l’atterrissage et l’énormité du Boing 747 de 150 tonnes nous impressionne. Les hôtesses ne sont peut-être pas aimables, mais le pilote sait manœuvrer son avion !

L’aéroport est immense et presque désert. Nous passons le contrôle d’immigration avec prise des empreintes digitales et photo. Les agents ne sont pas des marrants et Camille prie pour que Simon ne trouve pas une blague débile à sortir. Nous tuons les 3h d’attente à découvrir l’aéroport, marchant puis prenant la navette Skylink qui relie les 4 terminaux. Cela nous permet d’apercevoir au loin les grands buildings d’une ville, peut-être Dallas, et de mesurer la taille du 4ème plus grand aéroport au monde (73 km²).

A 18h, nous embarquons pour Guatemala-City ou plutôt, Ciudad de Guatemala ! La clientèle a changé : les visages sont plus bronzés, type Amérindien. Ca y est, on approche !

Nous arrivons à 20h30, comme prévu. Nous récupérons nos bagages et sortons rejoindre la navette de l’hôtel « surprise » réservé par Simon. Mais aucun véhicule de l’hôtel « Vista Real » ne nous attend. Il fait une température agréable. Des chauffeurs de taxi nous assaillent pour nous emmener à Antigua ou ailleurs. Nous continuons à attendre notre navette… navette qui arrive finalement avec 1h30 de retard en raison, nous dit-il, des embouteillages (ceux de 21h30 bien sûr…). 

Nous traversons un quartier chic et très animé. Les bars branchés laissent échapper une musique assourdissante, c’est samedi soir ! De nombreux gens se baladent dans les rues, la circulation est dense. Nous sortons de cette agitation et roulons vers une colline à la végétation épaisse. L’accueil que nous réserve le personnel de l’hôtel est remarquable. On nous conduit dans notre grande chambre à l’impressionnant lit king size, la salle de bain en marbre et une terrasse donnant sur un jardin. Nous savourons ce confort après une journée de voyage, et il nous faut peu de temps pour nous endormir dans les draps incroyablement doux et fins en coton égyptien (la classe ! ;-).

 

Dimanche 16 Novembre

 

6h du matin, nous sommes réveillés par une musique très forte dans le couloir. Camille sort voir d’où cela provient, il est quand même encore un peu tôt ! Il s’agit tout simplement de la musique venant de la salle de fitness qui se trouve en face de notre chambre ! Camille extirpe de sa mémoire endormie quelques mots d’espagnol, demandant de baisser un peu le son. Chose faite, nous nous rendormons pour quelques heures.

Nous rejoignons juste avant sa fermeture le restaurant où nous prenons copieux petit-déjeuner. Il fait beau et chaud. Les vacances commencent bien !

Promenade dans le charmant parc de l’hôtel agrémenté d’une petite cascade puis taxi vers midi pour nous rendre à une station de bus. Ici il n’y a pas de gare routière unique mais autant de terminaux disséminés dans la ville qu’il existe de compagnies. Le taxi nous conduit donc au terminal le plus proche. Nous montons dans le bus encore vide, sous un soleil lumineux. L’air est chaud. Le maïs grillé d’un étal à côté nous fait goûter aux premières odeurs du Guatemala.

Le bus coloré démarre, musique à fond. Le moteur fait un bruit terrible. Des nuages de fumées noires s’échappent des autres bus devant nous, bonjour la pollution ! Le chauffeur a sa déco personnelle : des inscriptions de paroles religieuses à côté de femmes à moitié nues en haut du pare-brise. Nous mettons 1h pour sortir de la ville. Le bus s’arrête chaque fois qu’il y a des gens à prendre en route. Un « crieur » se tient d’ailleurs à la porte du bus et s’égosille pour couvrir le vrombissement du moteur et annoncer aux passants la destination : « Antigua, Santa Luca » ! Le bus se remplit progressivement de locaux.

 

Au bout de deux heures, nous arrivons finalement à Antigua dans la lumière de fin d’après-midi : maisons colorées, rues pavées et très peu de monde. Nous enfilons nos sacs et partons à la recherche de l’ « Hostal San Nicolas ». En demandant notre chemin, une dame nous recommande de faire attention après 22h, ce qui nous surprend un peu, étant donné le calme qui règne dans les rues.

L’hôtel est une charmante demeure bien cachée derrière de hauts murs et une imposante porte en bois. Il compte seulement 4 chambres, qui donnent toutes sur un magnifique patio et jardin.

Nous sortons la nuit tombée et rejoignons le très animé Parque Central (parc et place de la mairie). Dans le jardin, la végétation tropicale entoure une fontaine de sirènes aux seins nus desquelles jaillit de l’eau. Les habitants prennent le frais et discutent sur les bancs. Autour se dressent de beaux palais de style colonial et une cathédrale baroque où se déroule une messe dans une lumière au néon, jaune blafarde. Nous marchons jusqu’au restaurant « La Fonda de la Calle Real » recommandé par le routard : plats un peu fades (comme la spécialité, le « Caldo real » une soupe à base de poulet) mais le cadre est agréable : patio avec de grandes plantes et des bougies sur les tables. Restant un peu sur notre faim, nous nous arrêtons dans la pâtisserie « La Cenicienta » également recommandée par le routard. Le lieu sent plutôt bon et nous achetons un grand cookie et une tarte locale. Malheureusement les desserts sont mauvais : le cookie beaucoup trop sucré et la tarte écoeurante. Nous nous couchons dans le calme de la ville endormie.

 

 

Lundi 17 Novembre

 

Lever tôt à 7h30. Nous prenons un délicieux petit déjeuner : yaourt, céréales, fruits joliment découpés, petits pains briochés. Le service est chaleureux et discret.

Nous consacrons cette journée à la visite de la ravissante ville d’Antigua :

- Eglise San Francisco : grande église baroque blanche ; sobre, entourée d’un petit jardin

En chemin, Camille décide de tenter l’expérience d’un coiffeur local pour couper encore plus court ses cheveux. Nous trouvons un salon tenu par une jeune et sympathique coiffeuse. Nous réussissons tant bien que mal à trouver les mots pour décrire la coupe souhaitée : le résultat est finalement très satisfaisant grâce à ses conseils avisés. Nous poursuivons la visite, toute légère pour Camille… 

- Parque central : cette fois-ci en plein jour. Nous y achetons un collier de pierres volcaniques.

Puis nous nous arrêtons manger un « Churrasquito » (viande grillée avec du riz) dans un parc arboré de palmiers. Une vendeuse au costume traditionnel nous propose des bracelets en tissus multicolores. Voyant notre intérêt, elle s’assoit un moment avec nous, nous laissant le temps de choisir, très calme et souriante. Simon appelle pour réserver le prochain hôtel « la Arca de Noé » situé au bord du Lac Atitlan, notre prochaine étape. L’usage de l’espagnol est encore un peu hasardeux… surtout quand on s’adresse à un Allemand !

Nous réservons le transport en mini-bus pour le lendemain et changeons nos dollars dans une banque bien gardée. En sortant de l’établissement, nous précédons un guatémaltèque au visage buriné, bottes santiags et chapeau de cow-boys, récupérant du policier son long couteau d’au moins 40cm !

 

Nous poursuivons notre visite de la ville :

- Couvent des Capucines : original avec les cellules des nonnes disposées en cercle autour d’une place centrale et un cellier à l’acoustique extraordinaire où nous nous essayons à quelques vocalises.

- Eglise de la Merced et son couvent : immense fontaine au centre et très belle vue des volcans depuis les toits.

Petite collation dans une excellente crêperie « Luna de Miel » fréquentée par les étudiants étrangers car Antigua est un grand centre linguistique.    

Cette ville est magnifique et très agréable : bâtiments très colorés, peu élevés, rues perpendiculaires et pavées, luminosité particulière, couleurs vives, ciel pur et volcans imposants dont le sommet est malheureusement caché par les nuages. Cependant, la circulation est dense : beaucoup de bus, camions, tucs-tucs, voitures et 2 roues.

Retour à l’hôtel, sieste jusqu’à 22h. Il est trop tard pour ressortir, nous commandons une pizza.

 

Mardi 18 Novembre

 

Antigua - Panajachel

 

Lever 6h dans le calme de notre hôtel. Pas un bruit, en dehors de quelques bus et camions au loin. Le mini-bus réservé la veille arrive à 7h30. Nous traversons en long et en large la ville d’Antigua pour remplir le mini-bus à son maximum. Nous changeons discrètement de place pour aller à l’avant ; afin de mieux profiter du paysage et fuir 2 filles suisses bruyantes qui rient pour un rien afin d’attirer l’attention de l’américain qui les accompagne. Simon se souvient alors pourquoi il préfère les bus locaux loin de ces touristes excitées ! 2h30 de trajet à fond la caisse, sur des routes sinueuses à travers les vallées escarpées. Le chauffeur semble nerveux. Il bat le tempo sur le tableau de bord et remet souvent 2 fois les mêmes chansons. Tarzan Boy semble être sa préférée. Nous avons aussi droit à une reprise espagnole de  « J’ai oublié de vivre » de Johnny Haliday : « Olvido de vivir iiiiiir, olvido de viviiiiiir iiiiiir ! ».

 

Nous arrivons à Panajachel, la vessie prête à éclater. Nous avions pourtant demandé au chauffeur de faire une pause, mais cet empaffé s’est arrêté à un endroit sans aucun coin à l’abri des regards.

Nous prenons un petit bateau à moteur (15 personnes) pour Santa Cruz de la Laguna, petit village au nord-est du Lac Atitlan. Le trajet est rapide et agité car le capitaine met les gaz et le vent forme des vagues qui nous lancent dans les airs quelques secondes (nous apprendrons bien plus tard que 3 personnes périront d’un naufrage sur ce lac le 23 novembre en raison du vent fort et de la vitesse excessive du bateau). Le bateau est le principal et parfois l’unique moyen de transport pour relier les villages du lac entre eux.

 

Notre destination « Santa Cruz de Laguna » est magnifique : un petit embarcadère et 2 ou 3 hôtels… c’est tout ! Le village est situé juste un peu plus haut. Nous nous installons dans notre hôtel « la Arca de Noé » tenu par un couple d’allemands. Pour accéder à notre bungalow, nous traversons un long jardin d’arbres et de plantes exotiques, en longeant la rive du lac. Cela ressemble vraiment à la « cabane au fond du jardin » : confort très rudimentaire, déco dépouillée, lit à la couverture crasseuse mais draps propres, installation électrique vieillotte mais permettant d’avoir le courant à certaines heures, eau froide et bien-sûr, multiples araignées en tout genre. Malgré cela, le cadre est magnifique, nous sommes au cœur d’un jardin de rêve, avec vue sur le lac et ses volcans. Nous installons notre moustiquaire en prévision des nombreux insectes rampants et volants qui rodent autour.

Nous partons visiter le village situé sur les hauteurs, à flanc de montagne.

Nous avançons péniblement sous le soleil et la chaleur écrasante. Le village est assez désert. Quelques enfants jouent à la roue sur la place principale, comme dans l’ancien temps. Une charmante petite église s’élève, faisant un peu d’ombre aux maigres chiens. Nous croisons quelques adolescents, aucun touriste. Dans le dédale des ruelles, nous apercevons des enfants qui s’amusent dans les courettes des maisons et nous lancent des « Ola » à notre passage. Quelques femmes tissent des vêtements ou couvertures d’un rouge vif. Les gens sont pauvres mais malgré cela, à aucun moment on ne vient nous demander de l’argent, par dignité ou éducation. Nous nous sentons comme des intrus, en décalage total avec ces villageois très démunis. Nous marchons en nous faisant discrets, par humilité.

Halte incontournable pour Camille : la « Panaderia ». Nous achetons des petits pains frais dans cette minuscule boulangerie qui fait aussi office de librairie-papèterie, sous le regard un peu étonné du commerçant. Il ne doit pas croiser de touristes tous les jours !

 

Retour au bord du lac, près de notre hôtel vers 15h. Nous déjeunons dans un restaurant à une cinquantaine de mètres de l’embarcadère, en pleine végétation. On nous sert un délicieux plat de poulet en sauce, accompagné de riz et d’un légume appelé « wisbi » qui a le goût de courgette en plus sucrée.

Sieste au bord du lac sur une pelouse verdoyante. Nous ménageons nos efforts avant la très attendue ascension du volcan prévue pour le lendemain. Vu d’en bas, le volcan San Pedro est plutôt impressionnant : il se dresse à pic, comme surgissant du lac.

De retour à notre « Arche de Noé », nous réservons pour le repas du soir. Mais tout compte fait, le repas étant servi à 18h, cela nous semble un peu tôt. Nous prétextons un problème digestif pour échapper à la tablée de touristes.

En rentrant dans notre bungalow, nous avons la « chance » d’apercevoir un scorpion. Surtout, nous ne l’écrasons pas car un scorpion ne sort jamais sans sa moitié, nous a-t-on dit. Le tuer attirerait tôt ou tard le scorpion partenaire parti à sa recherche (légende urbaine ?). Dans le doute, nous remettons donc délicatement l’adorable insecte à l’extérieur.

Nous nous couchons sous notre moustiquaire, en prenant bien soin de ne laisser aucune ouverture et nous endormons au plus vite afin d’échapper aux pensées de tous ces insectes et bruits suspects qui nous entourent. Il est 19h !

 

Mercredi 19 Novembre

 

Volcan San Pedro

 

Lever 7h. Nuit assez difficile due à l’étroitesse du lit et la phobie des moustiques, araignées, mille-pattes, scorpions et autres bêtes rampantes en tout genre qui nous menacent derrière la moustiquaire. Mais cela a au moins eu le mérite de nous serrer encore davantage…les coquins !

Petit déjeuner absolument succulent : granola, yaourt, fruits frais, jus d’orange pour Camille et El typico pour Simon : œufs, tortilla, haricots noirs.

Nous prenons le bateau pour San Pedro, chaussures de rando aux pieds, fins prêts pour l’ascension du volcan. Nous accostons les petits ports des différents villages sur notre chemin : San Marcos, San Pablo La Laguna, San Juan, embarquant et débarquant des locaux chargés de marchandises. Le commerce est actif dans la région.

 

La ville de San Pedro est touristique et très animée comparée à notre village : marché, vendeuses de pain et pâtisseries à la sauvette, tucs-tucs et autres engins klaxonnant sans arrêt et interpelant les touristes. Nous achetons des vivres pour la randonnée et prenons un tuc-tuc jusqu’à l’entrée du parc national à 1800m d’altitude.

11h : la randonnée commence à un rythme soutenu avec un guide du parc. La montée est raide, traversant les plantations de café, maïs et la jungle. Nous croisons de temps en temps des porteurs de fagots de bois énormes accrochés à leur tête par une sangle. Un couple de touriste, sinon personne.

Après 40 minutes de marche, nous arrivons à un mirador où nous faisons une pause et admirons le point de vue. Notre guide nous laisse ici considérant le chemin balisé facile à suivre. La montée est décidément de plus en plus raide, sans plat, avec souvent de hautes marches aménagées et difficiles à gravir. On en bave, même Camille dite « L’experte ». Heureusement il ne fait pas trop chaud, car nous gravissons le volcan sous les arbres touffus et hauts de cette jungle épaisse, cachés du soleil.

13h30 : mission accomplie en 2h30 (contre les 5h indiquées dans les guides… Ouf !). Nous sommes à 3019 mètres et avons une vue époustouflante sur le lac, les montagnes, les volcans et la végétation luxuriante et tropicale sur leurs flancs. On distingue même un peu au loin le Pacifique. La hauteur nous donne l’impression d’une vue aérienne.

Pause pique-nique rapide, en raison d’un timing un peu serré : nous devons être rentrés à San Pedro avant 16h30-17h pour prendre le dernier bateau vers Santa Cruz.

Alors que nous nous apprêtons à repartir, arrive une anglaise « muy gorda » (très grosse) gravissant péniblement les derniers mètres qui la séparent du sommet. Deux guides l’aident à passer les derniers rochers. Nous prenant à part, un des guides nous confie qu’il est au bout du rouleau car cela fait 7 heures qu’ils sont partis avec elle et qu’il leur en faut encore 3 ou 4 pour redescendre !! L’anglaise a au moins le mérite d’être courageuse et volontaire.

 

Notre descente se fait agile et rapide, en courant parfois. Nous traversons San Pedro, beaucoup plus calme en cette fin de journée et arrivons au port vers 16h30, perfect timing ! Nous avons même le temps de prendre un coca-cola bien frais à une terrasse. Une guatémaltèque s’approche pour nous proposer de très beaux chemins de table et foulards. Camille est tout de suite attirée par toutes ces couleurs et commence à regarder plusieurs modèles, pendant que Simon négocie sec, le tout à moitié prix !

Nous prenons le dernier bateau pour Santa Cruz et faisons quelques courses à la « tienda » (supérette). Le sympathique commerçant nous conseille de cacher nos achats à « Ach so » (c’est comme ça que nous avons surnommé la tenancière allemande de notre hôtel) car manger dans les bungalows est « verboten » (interdit) !

Douche froide puis dîner léger : galettes et purée de haricots noirs, donnant de silencieux coups de mâchoires pour éviter que notre voisine ne nous dénonce à la patronne ! Le calme règne dans ces lieux où nous nous endormons, lourds de fatigue, dans l’intimité de la moustiquaire ;-), la vue féérique du lac et du volcan encore dans nos esprits. Le Lac Atitlan et cette auberge nous laissent un excellent souvenir, une ambiance de bout du monde aux paysages magnifiques.

 

Jeudi 20 novembre

 

Santa Cruz-Guatemala City-Flores-El Remate

 

Lever 7h. Petit déjeuner au soleil face au lac et au dessus du petit port de Santa Cruz. Délicieux Granola aux fruits frais, crêpes au miel pour Camille et El Typico (œufs, tortilla et haricots noirs) pour Simon. Les jus d’orange sont excellents. Bain de soleil sur la pelouse à côté du bungalow, puis rangement des affaires pour le départ. Nous saluons notre voisine ainsi que les probables scorpions des environs. Dernière traversée du long jardin de l’hôtel et ses innombrables plantes exotiques.

Nous discutons avec « Achso » la patronne à propos des Guatémaltèques. Ces derniers, pourtant très calmes et chaleureux en apparence sont à ses dires très violents entre eux : alcoolisme, abus des jeunes filles pour la moitié d’entre elles, mariages uniquement entre gens du même village, meurtres et racisme vis-à-vis des habitants des villages voisins. Un calme de façade, donc !

10h : bateau pour Panajachel. 11h : bus local pour Solola pris sur la route à son passage. Nous sommes les seuls touristes à bord. Un deuxième bus nous amène jusqu’à Los Encuentros, carrefour des routes en direction de Guatemala City. Un guatémaltèque veille gentiment sur nous en nous indiquant le bus à prendre pendant la correspondance ou le tarif officiel à payer. Secoués sur la route sinueuse et escarpée, il nous lance en souriant : « Es el bus del tercer mundo ! », puis, au moment de nous quitter : « Es una aventura » !! Nous prenons un troisième bus quasiment sans attente.  La route est exécrable, nous nous cramponnons aux banquettes. Le chauffeur double tous les véhicules sans exceptions, même en plein virage. Quand une voiture nous fait face, il tire la ficelle du klaxon pour demander au véhicule que nous doublons de se ranger sur le bord de la route et au véhicule venant en face de ralentir. Les bus locaux sont incontestablement les rois de la route ! Sensations fortes ainsi que quelques frayeurs tellement le bus vibre et va vite sur les routes cahoteuses, non goudronnées, aux innombrables nids de poule. Camille est assise à côté d’une petite grand-mère qui se cache dans ses tissus colorés de peur qu’on ne la prenne en photo. Quant à Simon, il est aux côtés d’un papy au chapeau bien typique qui s’agrippe comme il peut aux barreaux du siège face à lui. 

 

En arrivant à Guatemala City vers 15h, nous sommes soulagés de retrouver nos sacs à dos qui étaient accrochés sur le toit du bus. Ce n’est pas le cas de la jeune touriste qui a fait voyage avec nous. Apparemment, son sac est soit… tombé en route (ce qui ne serait pas très étonnant vu la route) ou a été chargé sur le mauvais bus au départ.

Nous prenons un taxi jusqu’à l’aéroport La Aurora, achetons nos billets pour Flores, puis déjeunons dans un fast food de poulet type KFC. Nous nous asseyons confortablement dans l’avion et savourons ce plaisir après les quatre heures de bus éprouvantes. Arrivés à Flores en pleine nuit, nous prenons un taxi jusqu’à El Remate et nous arrêtons à l’hôtel « La Casa de Don David ». Don David est un grand-père américain de plus de 70 ans, tombé amoureux du pays et qui s’y est installé en 1975. Nous grignotons dans notre chambre (piment et galettes) puis faisons une petite balade romantique dans le grand jardin à la pelouse épaisse.

 

Vendredi 21 novembre

 

Réveil désagréable à 7h par le bruit assourdissant d’un groupe électrogène juste à côté de notre chambre. Simon va voir Don David et apprend que ce groupe électrogène a été mis en route suite à une panne générale d’électricité dans la région. Nous aurions normalement dû être prévenus la veille et le grand-père s’en excuse… Nous visitons les environs sans charme : paysage plat, bords du lac marécageux, déchets qui traînent. Après le petit-déjeuner, nous quittons El Remate sans regret et attrapons un mini-bus pour nous rendre à Tikal, l’un des plus grands sites mayas d’Amérique situé en pleine jungle dans un immense parc national. Nous roulons au pas dès l’entrée du parc et écarquillons les yeux à la vue de cette impressionnante végétation, extrêmement dense et haute. Après 20 bonnes minutes, nous arrivons sur le site : trois hôtels-restaurants et un grand parking très bien camouflés dans la végétation. Camille est agréablement surprise car elle s’attendait à un lieu plus touristique comme le Mont St Michel. Notre hôtel « Jaguar Inn » est agréable : chambre spacieuse avec lit king size, grande baie vitrée d’où nous voyons une végétation luxuriante et quelques toucans aux couleurs vives et à l’étonnant croassement. Nous déjeunons à l’hôtel : excellent poulet au gingembre sucré et spaghettis bolognaises puis farniente au soleil et cartes postales. L’endroit est vraiment calme. Nous percevons au loin les bruits étranges de la jungle.

A 15h, nous achetons notre billet d’entrée du site, valable le lendemain, et empruntons l’unique chemin menant aux temples. Nous nous enfonçons dans la jungle épaisse, tels Indiana Jones à la recherche du temple perdu ! Une ambiance particulière règne dans le parc, de plus en plus désert à cette heure tardive de la journée. Nous découvrons des arbres extraordinaires de 70 mètres de haut, des lianes, des racines en forme de vagues haute de 1 mètre et d’autres plantes inconnues. Les bruits de la jungle sont à présent plus rapprochés, tels les cris effrayants des singes-hurleurs perchés en haut des arbres. Leurs hurlements emplissent la jungle et nous glacent le sang !

 

Nous arrivons à la Plaza Mayor (place principale) où se dressent deux immenses temples se faisant face : le « temple du Grand-Jaguar » et le « temple des Masques » construits vers l’an 700. De petits escaliers sont aménagés sur le côté pour permettre l’ascension du second : ça grimpe dur (40 mètres). Nous marchons plus à l’ouest jusqu’au « temple du Serpent à deux têtes » érigé en l’an 741. C’est la pyramide la plus imposante du site et un des plus hauts édifices d’Amérique préhispanique (65 mètres). La vue du sommet est grandiose : la jungle s’étend à perte de vue, les cris des singes-hurleurs résonnent plus que jamais. La luminosité particulière de la fin d’après-midi ajoute à ce spectacle une touche magique. Nous retournons à la place centrale pour assister au coucher du soleil. Une lumière dorée enveloppe les temples et baisse progressivement. L’acoustique de ces lieux  est exceptionnelle. Tikal signifie d’ailleurs « le lieu des échos » : un simple claquement de mains du haut d’un temple résonne avec une clarté et une netteté incroyables. Les derniers rayons du soleil absorbés par la jungle, nous rentrons à l’hôtel. Le site n’étant pas éclairé, il ne s’agit pas de rester bloqué ici la nuit !! A la sortie du parc, nous nous arrêtons au pied d’un arbre, attirés par un concert de cris stridents d’oiseaux, aux nombreuses variations comme une musique de jeux vidéo des années 80. Dîner à l’hôtel (soupe et ragout local) puis coucher dans les bruits des grillons et oiseaux de la jungle environnante.

 

Samedi 22 novembre

 

Visite de Tikal, puis route jusqu’à San Ignacio

 

Lever 7h. Notre intention de la veille était de débuter la visite tôt, accompagnés d’un guide pour pouvoir écouter les bruits des animaux sauvages au lever du jour. Nous faisons finalement une mini grasse matinée et prenons le petit déjeuner tranquillement. On est en vacances, après tout !

Le guide est remplacé par un livre sur Tikal acheté au centre d’information : boutiques pour touristes et immense maquette du site archéologique.

Vers 9h, nous entrons dans le parc encore calme, les cars de touriste n’arriveront qu’un peu plus tard. Sur le chemin, deux singes se font la course. Nous découvrons le reste du site composé de grands temples, acropoles servant de demeures de la noblesse et d’édifices administratifs, observatoires astronomiques, jeux de balle… Chacun des 7 complexes de Tikal possède une structure identique : une pyramide est et une pyramide ouest, au nord un oratoire et au sud un palais. La mousse recouvre la plupart des façades très dégradées en raison du calcaire de mauvaise qualité. Les gravures et bas-reliefs ont disparu. Cependant, il est bien agréable de se promener librement sur ces vestiges du passé. Il y a très peu de panneaux d’interdiction, nous pouvons aller où bon nous semble : petits passages souterrains, galeries d’escaliers larges ou étroits, cours intérieures recouvertes de gazon, grandes plateformes telles des terrasses, nombreuses stèles religieuses, petites salles obscures hantées de chauves-souris… nous jouons les Indiana Jones dans ce dédale de ruines. Nous gravissons plusieurs temples, dont certains directement par les grandes marches centrales. Soudain, une averse tropicale nous surprend. Nous nous refugions sous un abri un moment avant de repartir vers d’autres temples puis nous rentrons à l’hôtel. Cet endroit nous plaît beaucoup, tant par les temples chargés d’histoire que la jungle impressionnante.

Un peu d’histoire justement : les premiers Mayas arrivent sur le site au VII siècle avant notre ère. Ils construisent d’importants édifices, recouverts au fil des siècles par d’autres structures. Tikal devient un centre religieux et une cité commerçante importante entre 250 et 900 de notre ère. A son apogée, la cité de Tikal s’étend sur 160 km2.

 

Déjeuner à l’hôtel avant la poursuite de l’aventure vers le Belize. Nous nous incrustons dans un car de touristes français et goûtons quelques instants à l’ambiance de groupe en circuit organisé. Nous discutons avec nos sympathiques concitoyens, admiratifs de notre voyage routard. Au moment de les quitter, séquence émotions : ils nous souhaitent bonne chance et agitent la main à travers la vitre pour nous saluer ! Et nous revoilà, on the road again. Nous marchons 1km sur le bord de la route à la recherche d’un nouveau moyen de transport. Un baba cool occidental s’arrête à notre hauteur en vélo et nous propose des cakes à la banane faits maisons. Nous lui en achetons un. Quelques minutes plus tard, nous sommes pris en stop par une camionnette à bétail pour les quelques kms qui nous séparent de l’embranchement menant au Belize. Debout à l’arrière, nous nous accrochons aux barres de la cage métallique, les cheveux dans le vent, un papy guatémaltèque à nos côtés !

Après 20 minutes d’attente du bus local au milieu de nulle part, nous prenons finalement un taxi avec une femme et un enfant. La route jusqu’à la frontière du Belize est assez longue, la nuit tombe. Le passage des douanes se fait à pied et est plutôt glauque : accueil froid des autorités guatémaltèques et béliziennes. On nous demande de nous acquitter d’une taxe de sortie du Guatemala. Simon refuse catégoriquement : il est indiqué dans notre guide qu’aucune taxe n’est à payer pour sortir. Il s’agit clairement de racket de touriste ! La douanière s’énerve un peu puis finit par abdiquer en disant « This is my country » en rendant les passeports sur un ton mécontent. Qu’importe, nous sommes passés ! Les douanes côté Belize nous posent tout un tas de questions sur le but de notre séjour au Belize, nous regardant d’un air presque suspicieux. Nous nous serions crus à un interrogatoire de la Gestapo !

Nous arrivons finalement en pleine nuit à San Ignacio situé à 10 kms de la frontière. Nous changeons complètement d’ambiance : langue anglaise, population essentiellement noire, monnaie basée sur le dollar, infrastructures routières et habitations en excellent état. Les béliziens semblent beaucoup moins sympathiques et accueillants que les guatémaltèques. Nous avons soudain l’impression d’être bien loin du Guatemala. La ville de San Ignacio est très animée le samedi soir maisC n’a rien d’attractif. Notre hôtel « Marta’s Guesthouse » est très médiocre : chambre toute petite et étouffante donnant sur l’arrière d’une discothèque à la musique très forte. Nous sortons manger dans un restaurant Sri Lankais (riz et poulet), puis faisons un tour de la ville : des gens traînent et boivent dans la rue, c’est limite « craignos ». Nous rentrons à l’hôtel, essayant de nous endormir sur fond des boum boum de la discothèque « Blue Angel »…

 

Dimanche 23 novembre

 

San Ignacio-Bélize City

Bélize-City-Caye Caulker (île paradisiaque de la mer des Caraïbes…)

 

Pénible lever vers 8h, après une bien mauvaise nuit dans cet endroit miteux. Le petit déjeuner nous redonne de l’énergie. Il fait beau, la ville a une meilleure allure de jour. Nous nous promenons dans les rues aux maisons très colorées. Après le check-out, nous prenons un bus collectif bondé en ce dimanche pour rejoindre Belmopan, capitale administrative du Belize de 4000 habitants. Courte attente sous un soleil de plomb à la gare routière de Belmopan et nouveau bus plus tranquille pour Belize-City. A l’arrivée, un taxi nous emmène jusqu’à l’embarcadère, traversant des bidonvilles affreux. Nous nous serions crus dans un feuilleton américain : vieille voiture déglinguée conduite par une grosse black lançant des injures à tous les coins de rues à l’attention des autres voitures. Nous embarquons pour Caye Caulker, petite île de la mer des caraïbes recommandée vivement par le Routard et située à 1h de bateau. L’air marin nous fait du bien, après toutes ces heures de bus. Nous apercevons des mangroves.

 

L’arrivée à Caye Caulker est… éblouissante : eau turquoise, barrière de corail au loin, palmiers et cocotiers, sable fin, rues de sable, boutiques colorées style cabanes de plage, pas de voitures mis à part des voiturettes électriques… la carte postale ! L’île est si étroite que l’on voit la mer des 2 côtés. Nous nous installons dans un restaurant construit sur la plage et dégustons un excellent repas de poisson agrémenté d’un cocktail au rhum coco. Nous explorons ensuite l’île à pied à la recherche d’un hôtel. Bobby, un papy à vélo, nous fait la pub de son hôtel, que nous ne choisissons finalement pas, au profit d’un appart hôtel avec balcon donnant sur la mer. Nous faisons quelques courses au supermarché et dinons des doritos, purée de haricots noirs et nouilles chinoises dans notre appartement.

 

Lundi 24 novembre

 

Caye Caulker

 

Nous nous réveillons vers 8h, en même temps que les travaux de construction de l’extension de l’hôtel. Nous oublions vite ces petits désagréments sonores lorsque nous ouvrons la porte du balcon et voyons le soleil et la mer. Nous prenons un copieux petit déjeuner sur la petite table basse du balcon et profitons longuement de ce début de journée. Quelle surprise lorsque nous apercevons le groupe de touristes français qui nous avait accueillis dans leur car. Le monde est petit ! Nous les saluons et ne pouvons échanger que quelques mots, ils n’ont qu’un quart d’heure pour faire le tour de l’île. Nous savourons d’autant plus la liberté de pouvoir prendre notre temps et aller à notre rythme.

Nous entamons notre première journée de farniente total par un bain dans la piscine. Ensuite, nous montons sur la terrasse déserte du toit de l’hôtel et nous allongeons sur des transats. Nous avons une magnifique vue sur la mer et la barrière de corail au loin. Camille continue ses cartes postales, pendant que Simon mitraille avec son numérique ou ne fait rien, au soleil.

 

Nous prenons ensuite les vélos prêtés par l’hôtel pour aller manger dans le village. Presque tout le monde circule à vélo. C’est si agréable de sillonner ces rues de sable et de sentir le petit vent légèrement rafraichissant. La température est idéale. En bout d’île, nous découvrons avec surprise un minuscule aéroport en liaison avec Belize-City. Ici, liberté totale, pas de barrière ni de barbelé. Nous roulons sur la piste, tout contents, jusqu’à ce qu’un petit avion fasse son apparition dans le ciel. Quelques coups de pédales rapides et nous sortons in extremis de la piste où l’avion se pose ! L’île n’est pas que plages de sable fin et cocotiers. Nous roulons dans un coin marécageux sur des sentiers boueux. Les maisons sont construites en hauteur sur pilotis pour se protéger des cyclones et raz de marée. Des terrains en friche sont à vendre. Simon en prend un en photo avec une pancarte « 40 000 USD »… on ne sait jamais ! Certains endroits ressemblent à des bidonvilles : maisons mal entretenues, déchets et chiens errants.

 

Pause baignade dans la mer cette fois. Nous trouvons un ponton d’où nous pouvons facilement descendre dans l’eau. Légères hésitations, lorsque nous voyons un pêcheur jeter des appâts à la mer non loin de là. Cela nous rappelle le récit de canadiens rencontrés à Tikal : « C’est super, vous pouvez nager avec les requins, ils sont très beaux ! ». Mais nos doutes disparaissent quand nous apercevons un couple d’anglais nager en toute confiance. Let’s go, alors ! L’eau est transparente et délicieuse… Plus tard, nous faisons un peu de shopping au village (serviettes de plage et cadeaux de noël). Ici, pas de marchandage : les prix sont fixes contrairement au Guatemala. Nous nous renseignons pour des sorties d’une demi-journée en mer (plongée avec les requins, raies…), mais ne réservons rien afin de laisser toute latitude à notre planning. « No contrainte » est notre mot d’ordre !

Nous terminons cette bonne journée de détente par un repas au « Bamboo », restaurant sur la plage dans lequel nous avions mangé le premier jour. Le cadre est très original, avec ses balançoires en guise de sièges. Musique reggae. Nous commandons tous les deux le plat du jour : langoustes sauce curry, bananes plantains, riz et haricots noirs. Délicieux, quoique légèrement trop parfumé au curry. Cocktails : rhum coco, jus d’ananas et grenadine. Ballade romantique sur la plage, sous les cocotiers et les étoiles scintillantes.

 

Mardi 25 novembre

 

Caye Caulker

 

Réveil de nouveau bien agréable avec la vue sur la mer et le soleil qui brille. Cette ambiance relax nous incite à repousser à l’après-midi la sortie en mer pour la plongée. Bain de mer juste à côté de l’hôtel, tout au bout de l’île, à l’endroit appelé le « Split ». C’est là que le cyclone « Hathie » de 1961 a provoqué une cassure et ainsi coupé l’île en deux.

Retour à la piscine de l’hôtel, pour se dessaler. Et là, c’est le drame : en voulant se faire masser les pieds avec les jets sous l’eau, Camille se cogne violemment l’orteil droit contre le mur de la piscine. Ne pouvant poser le pied par terre, nous sommes obligés d’annuler notre unique réelle activité du séjour (sortie en bateau) et de rester tranquilles sur nos transats. Nous nous y faisons très bien, tout compte fait…

Pique-nique dans l’appartement à midi : galettes fajitas toutes fraîches avec tomates, concombre et fromage. Nous achetons des sticks de crevettes qu’un papy fait griller juste en bas, un festin !

Le reste de la journée est consacré à la « convalescence » de Camille l’handicapée. Simon n’a pas l’air de trouver ce farniente désagréable !

 

Mercredi 26 novembre

 

Caye Caulker

 

Nouvelle journée de repos sur notre île paradisiaque (Camille ne peut toujours pas poser le pied par terre, son orteil est bleu).

Notre paisible petit déjeuner est perturbé par l’intrusion bruyante de la femme de ménage. C’est une jeune black que nous n’avions pas encore vue jusque là, habillée très style, jean moulant, lunettes de soleil et talons aiguilles. Elle vient une première fois changer les serviettes, en criant. Simon est légèrement irrité. Alors que nous déjeunons sur le balcon, la miss qui nettoie la chambre voisine, nous adresse de nouveau la parole en hurlant pour nous donner les serviettes propres. Simon est sur le point de lui demander de la mettre en sourdine, mais se retient. Tout cela aurait été très vite oublié si notre super femme de chambre n’avait pas commis une troisième gaffe, et pas des moindres. Elle entre sans frapper dans la chambre et tombe nez à nez avec Simon, nu, installé aux toilettes. Cette fois, Simon explose et lui lance, en anglais d’abord : « You could at least knock on the door before entering ! » ; puis ; les mots lui manquant en anglais «  On ne peut même plus chier tranquille !!” ». La black repart en lançant un « Oh, sorry », plutôt désinvolte.

Bain de mer, piscine, transat sur la terrasse…

Nous réservons dans un cybercafé nos billets d’avion Flores  - Guatemala City. Même sur cette île perdue au milieu de la mer des caraïbes, aucun problème pour trouver une connexion internet.

Le vent se lève brusquement et amène quelques gouttes de pluie.

Nous faisons les courses pour notre dernier repas du soir et passons à la Panaderia acheter un assortiment de petits pains. Ca sent drôlement bon.

A signaler, un incident technique sur la route. La chaîne du vélo de Simon lâche brusquement. Simon se transforme immédiatement en Mac Gyver et remet la chaîne en place. Mais le bricolage ne tient pas longtemps, la chaîne est morte, Simon pose son vélo et continue à pieds.

Retour à l’hôtel, nous payons Barbara ; la patronne et discutons un moment avec elle. Cette canadienne s’est installée sur l’île il y a 15 ans. Elle a décidé un jour de quitter son pays et son métier d’infirmière, pour partir avec ses 2 filles en bas âge et commencer une nouvelle vie à Caye Caulker. Elle y a ouvert son hôtel et depuis, son activité marche très bien. Elle ne reviendrait pour rien au monde à son ancien mode de vie. Cela nous laisse songeur, Simon s’imagine ouvrant un cybercafé et Camille une crêperie bretonne !!

Nous faisons nos sacs dans la soirée, en prévision du départ du lendemain. Hé oui, toutes les bonnes choses ont une fin, ce petit bout de paradis va nous manquer.

Préparation du dîner. Nous allumons la télé et tombons sur un film d’horreur à l’histoire abracadabrante : les parents d’une famille se retrouvent contaminés par une étrange maladie suite à l’ingestion d’une potion noire peu ragoûtante. Ils deviennent fous et tentent de contaminer à leur tour leurs enfants et leurs amis. Course poursuite infernale, ponctuée de cris perçants, suspens et morts vivants terrifiants !!! Le film terminé, nous mangeons nos spaghettis bolognaises accompagnées du délicieux pain brioché de la panaderia et, clou du repas, le gâteau chocolat-coco, un pur délice !

 

Vendredi 27 novembre

 

Caye Caulker – Belize-City – Flores

 

Ce matin, c’est le départ. Nous quittons notre bel hôtel, transporté en voiturette de golf jusqu’à l’embarcadère. Le bateau est à 8h30. A bord, petite friction avec une jeune locale qui refuse de se pousser pour permettre aux dernières personnes de s’asseoir. Simon lui lance alors : « Excuse-me, where are you from? Here? » Heureusement elle se renfrogne et le grand molosse assis en face de nous, visiblement son ami, ne bronche pas.

1h pour rejoindre Belize-City. Nous prenons ensuite un mini-bus de la compagnie Linea Dorada, très inconfortable, et surtout qui n’a rien à voir avec la photo que nous avions vue dans l’agence de Caye Caulker. Il fait chaud. 5 heures de voyage nous attendent au lieu des 3h30 annoncées par la brochure mensongère. Nous faisons une pause sur la route dans un supermarché miteux tenu par des chinois et aux toilettes immondes, sans porte.

Passage des douanes bélizienne et guatémaltèque. Le douanier refait le coup de la taxe illégale, Simon refait le coup du « Non, on ne paiera pas » et nous gagnons, une fois de plus. Quel culot, non mais ! En grand prince, Simon défend aussi nos 2 voisines de l’hôtel à Caye Caulker et qui voyagent dans le même bus que nous.

 

Nous arrivons à Flores vers 14h30 et trouvons une chambre à l’hôtel « Santana ». Très belle vue sur le lac de Flores. Petite piscine très appréciable, après ce long voyage et la chaleur.

Nous visitons la ville en commençant par l’église et la place centrale en hauteur et que nous rejoignons en Tuc-Tuc. Nous trouvons ce moyen de transport très pratique et assez sport, surtout sur les rues pavées ! Glace Magnum pour Camille et Burritos très moyens pour Simon qui se demande de quelle viande il peut bien s’agir. Nous redescendons au bord du lac et nous promenons dans les charmantes rues aux bâtisses colorées. Cette ville-île reliée à la rive par un pont est agréable, avec un petit air d’Antigua.

Retour à l’hôtel, où nous décidons de dîner. Le serveur nous installe à une petite table sous une pergola, vue sur le lac et bougies. Le cadre est très romantique jusqu’à ce qu’un groupe d’une vingtaine de retraités allemands arrive. Heureusement ils ne sont pas trop bruyants. Nous sommes très déçus par la nourriture, fade. Au plus grand malheur de Camille, la carte ne propose pas de dessert pour rattraper la médiocrité du plat principal ! Nous quittons le restaurant et partons à la recherche d’un autre endroit où prendre un dessert. Un tour rapide dans les restaurants voisins et supérettes nous laissent à penser que les habitants de Flores n’aiment pas les desserts. Finalement, un restaurant italien nous sert une excellente crêpe banane chocolat. Un délice…

Nous rentrons à l’hôtel, harassés de fatigue, tels deux petits vieux, bras dessus bras dessous. Camille boitille encore un peu. Dodo radical après cette longue journée de voyage.

 

Vendredi 28 novembre

 

Flores – Guatemala-City

 

Lever 6h pour nous rendre à l’aéroport de Flores, notre vol de la compagnie Taca est à 8h30. Nous prenons un Tuc-Tuc, sur lequel nous réussissons à charger tous nos sacs. Nous nous demandons si l’engin va réussir à tracter tout ce poids. Le vol est très rapide : nous sommes bien contents de parcourir en 1h ce qui nous aurait pris 9h-10h en bus.

 

Arrivés à Guatemala-City, nous choisissons une Guest house tout près de l’aéroport à 5 minutes à pieds. Le bâtiment est bien sécurisé : grande grille à l’entrée cadenassée et surmontée de fils de fer barbelé. Une jeune fille vient nous ouvrir et nous donne une chambre. L’hôtel ne paye pas de mine, mais a un petit jardin intérieur et est assez propre. Nous nous reposons une petite heure puis partons en taxi visiter Guatemala-City. En chemin, nous passons devant un arbre de noël mesurant bien 30 mètres de haut. Le chauffeur nous indique qu’il sera brûlé ce soir, comme tous les autres soirs jusqu’à noël. Un peu plus loin, nous roulons sous une immense structure métallique qui s’apparente à la tour Eiffel. Il est midi, la circulation est dense et la foule investit les trottoirs pour aller déjeuner. L’air est très pollué, de grosses fumées noires s’échappent des bus et camions. Cependant, nous trouvons du charme à cette capitale. La place principale est agréable, avec une grande fontaine en son centre, le majestueux ancien palais présidentiel et l’imposante cathédrale. Dans les rues adjacentes, des étals de vêtements, DVD, chaussures, jouets et autres articles courants bordent les trottoirs et attirent les passants ; les vendeurs nous saluent en souriant, c’est vivant et décontracté. Tout cela contraste fortement avec les recommandations de prudence qui nous avaient été faites ou que nous avions lues notamment dans le routard. Nous visitons la cathédrale construite en 1782 (la plus ancienne du pays). Bâtiment de style baroque à l’intérieur surprenant : très propre, plafonds et murs blancs, magnifique dôme en ovale donnant une grande clarté, beaucoup de tableaux et dorures. Les croyants y sont nombreux à prier.

Nous déjeunons dans un restaurant mexicain « Los Cebollines » : tacos et  très bons nachos en entrée que nous trempons dans différentes sauces préparées devant nous. Nos deux plats sont délicieux. En quittant le restaurant, nous trouvons un peu plus loin une petite pâtisserie où nous prenons le café, accompagné d’un gâteau de coco et d’une spécialité à la cannelle. Nous sommes agréablement surpris par cette ville qui ne ressemble en rien à Belize-City ou à une ville du Tiers-Monde. Les bâtiments sont plutôt modernes et les gens aimables. Sur la place centrale, on pourrait presque se croire dans une capitale européenne.

Vers 16h, nous prenons un taxi et partons visiter le Musée Archéologique avant sa fermeture. Nous découvrons de très belles pièces : vases, plats et urnes funéraires découverts sur les sites mayas, stèles et panneaux de bois sculptés, très beaux bijoux en jade et or, masques et coiffes. Au centre du musée, un beau patio avec une fontaine. Nous sommes contents de terminer notre voyage par ce musée, découvrant la richesse de l’ancienne culture Maya et complétant ainsi la visite du site de Tikal.

 

Nous rentrons à pieds à notre Guest house. La nuit tombe et nous ne sentons aucune insécurité. Nous commandons une pizza et préparons nos sacs pour le départ du lendemain. Au loin résonnent les feux d’artifice et les cris de joie. Nous nous endormons le cœur un peu serré réalisant que c’est le dernier jour de notre fabuleux voyage !

 

Samedi 29 novembre

 

Guatemala-City – Dallas – Londres

 

Lever 6h, petit déjeuner rapide. Nous marchons jusqu’à l’aéroport. Enregistrement des bagages et embarquement vers 9h avec American Airlines pour Dallas. Arrivée à Dallas vers 12h. Nous avons quelques heures devant nous et hésitons à faire un tour à Dallas. La ville est à 45 minutes de l’aéroport, ce qui est trop juste pour être de retour pour notre vol. Nous restons donc dans le terminal et errons dans les boutiques. Quelques tours de la navette Skyline pour voir du paysage. Repas dans un restaurant mexicain.

Enfin, nous embarquons à bord de notre avion pour 9 heures de vol.

Atterrissage à Londres Heathrow le dimanche matin vers 7h, heure locale.

Choc climatique prévisible : il fait 4 degrés et il pleut. Camille commande un taxi pour Chesham. Le chauffeur est d’origine belge et discute un peu avec nous. Il nous fait surtout peur sur les petites routes de campagne, roulant à fond ! Nous arrivons au 7 Hawkes Court, assommés de fatigue. Un café, quelques courses chez Waitrose puis une bonne sieste. Simon a son Eurostar à 19h à Londres. Camille le conduit à la gare d’Amersham. Il est temps maintenant de penser à la reprise du travail le lendemain, dans le froid et la grisaille, mais la tête remplie de merveilleux souvenirs.