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ART
DE L'EGYPTE
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cours
de
Sabine Barbé
Atelier des Beaux Arts de la Ville de Paris - Vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir dans une nouvelle fenêtre |
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| Introduction chronologique | |
| -3300 ans | Epoque Nagada II |
| -3100 ans | Epoque Thinite |
| -2700 ans | Epoque
Ancien Empire Pharaons : Djeser, Chéops, Chéphren, Mykérinos |
| -2200 ans | Première époque intermédiaire |
| -2060 ans | Epoque
Moyen Empire Pharaons : Nebhetepré Montouhotep, Amenemhat I, Sésostris III, Amenemhat III |
| -1786 ans | Deuxième époque intermédiaire |
| -1555 ans | Epoque
Nouvel Empire Pharaons : Amosis, Thoutmosis III, Amenophis III, Amenophis IV-Akhénaton, Toutankhamon, Séthi I, Ramsès II, Ramsès III, Ramsès IV à Ramsès XI |
| -1080 ans | Troisième
époque intermédiaire Pharaons : Psousennès I, Siamon, Chéchanq I, Osorkon I, Piyé (Piankhi), Chabaka Domination successive des Libyens, Ethiopiens, Assyriens |
| -664 ans | Basse
Epoque Pharaons : Ammeris, Psammétique I, Amasis |
| -332 ans | Epoque
Ptolémaïque (période hellénistique) Alexandre le Grand, Ptolémée II Philadelphe, Cléopâtre VII |
| -30 ans | Epoque Romaine |
| 300 ans / 1100 ans | Epoque Copte |
| 641 ans | Conquête Arabe |
| 1799 ans | Expéditions de Bonaparte : naissance de l'égyptologie |
| 1822 ans | Jean-François Champollion découvre la Pierre de Rosette permettant de traduire les hiéroglyphes |
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| L'Egypte exerce une attraction phénoménale en raison de la forte symbolique de cette civilisation (nombreux mystères). | |
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Géographie
et richesses naturelles |
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| Cartes de la région | |
| Le
Nil : berceau de la vie et de l'Egypte "L'Egypte est un don du Nil" disait Hérodote. Le fleuve est indissociable de l'identité égyptienne antique, car sans lui l'Égypte nexisterait pas. Le Nil va même être divinisé sous les traits de Hapy : dieu du Nil en crue. Il personnifie les richesses du fleuve et en assure la prospérité par de fréquentes inondations des terres cultivés. Hapy participe de la nature du Noun, l'océan primordial. L'eau est créatrice et va être liée au mythe de la naissance du monde. |
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| Hapy : personnification divine du Nil | |
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Hâpy
était représenté sous les traits d'un personnage
aux formes androgynes. Son corps est masculin aux chairs bleues évoquant
le milieu aquatique mais il a deux grosses mamelles féminines qui
assurent la prospérité aux Égyptiens. Son ventre
est proéminent et gras (signe de fécondité), et il
porte sur la tête un panache de plantes du Nil. |
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Long
de 6 500 km, le
Nil détermine les 3 saisons, en fonction de la montée et
du retrait des eaux : L'Égypte
antique atteint son apogée sous le Nouvel Empire puis entre dans
une période de lent déclin. Le pays subit les assauts répétés
de puissances étrangères dans cette période tardive
et le règne des Pharaons prend officiellement fin en -31 ans avec
l'Empire romain qui conquiert l'Égypte pour en faire une province.
Il
existe trois types d'écrits chez les Egyptiens : |
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| Pierre de Rosette (-196 ans, Période ptolémaïque, 112 cm, British Museum) | |
| La
pierre de Rosette est un décret émis par un synode de prêtres
instituant le culte royal du jeune Pharaon Ptolémée V, alors âgé
13 ans, pour célébrer sa première année de règne.
Ce décret est doublement écrit en égyptien (écriture
hiéroglyphique et démotique) et en grec. En 1822, Jean-François Champollion déchiffre la pierre de Rosette et publie en 1824 un précis sur le système hiéroglyphique. |
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1.
Epoque Nagada II |
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| Palette
des canidés (-3300 / -3100 ans, pierre, 32 cm, Musée du
Louvre) |
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| Cette
palette comporte en son centre une cupule où l'on broyait le fard
à maquiller. Ces palettes sont plus rituelles qu'utilitaires. Le
coté utilitaire sert au maquillage (on se fait les yeux grands) mais
aussi à se protéger du soleil et à éloigner
les mouches. Des animaux qui s'affrontent sont représentés : lions ou gros chiens, deux grandes giraffes. Des palmiers séparent les animaux. |
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| Palette
de la chasse (-3300
/ -3100 ans, schiste, 40 cm, Musée du Louvre) |
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| Cette palette représente des personnages armés, portant des casques, des pagnes avec des queues de renard et livrant bataille aux animaux du désert, ils repoussent le chaos. Leur visage est de profil, il de face, torse et épaule de face, bassin de ¾ et jambes de profil. Cette posture restera la règle (canon) durant toute la civilisation de l'Égypte antique. Il manque la ligne de sol : idée du chaos. Leurs yeux étaient incrustés (emplacement). | |
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Palette au taureau (-3300 / -3100 ans, schiste, 27 cm, Musée du Louvre) |
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| Un
taureau terrasse un homme frisé, nu, avec un étui phallique.
Cela peut être une métaphore de l'ennemi (oriental, étranger)
piétiné par le Pharaon, représenté par le taureau
musclé incarnant la puissance. Les premières divinités sont animales, puis les hommes vont s'attribuer leur force. Le Pharaon a la queue de taureau qui atteste cette puissance. Le petit lion serait un protohiéroglyphe. |
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Couteau de Djebel El Arak (-3300 / -3200 ans, 25 cm, silex et ivoire, Musée du Louvre) |
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La lame est en silex et le manche en ivoire d'hippopotame avec un bas-relief. Il s'agit probablement d'un couteau rituel car il est très finement taillé. Sur une face est représenté un combat naval opposant deux types de populations : les uns ont le crâne rasé, les autres une longue mèche tombant sur l'il. Il doit s'agir des égyptiens se battant contre les sumériens. Sur l'autre face est représenté un combat terrestre entre deux lions (animaux du désert) et un dresseur au centre (motif mésopotamien du maître des animaux avec chapeau rond et barbe). |
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| 2. Epoque Thinite | |
| De
-3100 ans à -2700 ans : Capitales : Abydos puis Memphis lors de l'unification. Politique : cette époque couvre les deux premières dynasties avec notamment le règne des Pharaons Scorpion et Ménès : unificateurs de l'Egypte. Art : Apparition des premières tombes en brique pour les souverains (mastaba), premières représentations des premiers Pharaons unifiant l'Egypte vers -3000 ans. |
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| Palette de Narmère (-3100 ans, bas-relief, 63 cm, Hiératonépolis, Musée du Caire) | |
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La
palette représente la lutte pour l'unification des deux royaumes
d'Égypte (le Nord et le Sud) réalisée par le Pharaon
Narmer. C'est une palette d'apparat, votive (vouée au culte). |
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| Femme
drapée dans un manteau (-3100 / -2700 ans, ivoire d'hippopotame autrefois peint, 13,5 cm, Musée du Louvre) |
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| Cette sculpture ronde-bosse se trouvait dans tombe Thinite. Cette femme est engoncée frileusement dans un manteau, le bras gauche est replié sur la poitrine, le bras droit le long du corps, les jambes sont serrées, un vêtement lisse moule le corps. On note l'emplacement d'incrustations au niveau des yeux. Une raideur et un hiératisme (attitude conforme à des rites anciens) se dégagent. | |
| Stèle du roi-serpent (-3000 ans, calcaire, 1,45 mètre, Moyenne Egypte, près d'Abydos, Musée du Louvre) | |
| Cette
stèle représente le dieu Horus à tête de faucon,
protecteur de la royauté dont le Pharaon est la forme terrestre :
"le roi est un Horus sur terre". Horus domine la stèle
(de profil et queue de face). Le Pharaon est représenté par
le serpent, dans son palais. Le Pharaon a son nom à l'intérieur
de la cour du palais. Ce n'est pas encore un cartouche. On ne représente
pas les choses telles qu'on les voit mais telles qu'on les sait (signification). Les Pharaons de l'époque Thinite, enterrés à Abydos, ont marqué leurs tombes de ces stèles de pierre. La fonction de ces stèles était de matérialiser pour léternité la présence des défunts sur terre et de leur permettre de profiter du service doffrandes assuré par la postérité. Avant les pyramides, les tombeaux étaient constitués dun caveau recouvert dun massif de briques de terre crue, de forme simple. La pierre était peu utilisée. Autour des tombes royales, des dignitaires ayant servi les souverains ont eu la faveur dinstaller leurs sépultures. Eux aussi ont fait sculpter des stèles à leur nom, mais celles-ci sont de dimensions modestes (de 30 à 50 cm), de formes irrégulières et de facture maladroite. |
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| 3. Epoque Ancien Empire | |
| De
-2700 ans à -2000 ans : Capitale : Memphis Politique : il y a de nombreuses expéditions et une politique de conquête. Religion : Cosmogonie d'Héliopolis : c'est le mythe de la création du Monde apparu dans la ville d'Héliopolis. On parle aussi de l'Ennéade d'Héliopolis (9 dieux). |
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Noun : on peut considérer le Noun comme un concept plutôt
quun dieu. Il est locéan qui a fait la Vie et qui fera
la Mort ; sans créateur, il sétend autour du monde.
Tous les mythes de création ont une chose en commun, ce Noun, d'où
naquit le dieu-créateur. Les égyptiens voyaient dans le
Nil une subsistance de lOcéan primordial. Cest en son
sein que naquit le premier dieu, Atoum puis sortirent Rê-Atoum-Khépri,
Thot, Ptah, Sokaris, Khnoum et bien dautres dieux. Ces dieux sont
appelés Créateurs et sont les divinités se rapportant
à lOcéan primordial, elles sont nées du chaos
divin, du concept vital. Locéan fut donc aussi appelé
le père des dieux. Maat
: équilibre cosmique du monde créé, vertus de modération,
discrétion, générosité. |
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| Statues de Sépa et Nésa (-2700 / -2620 ans, calcaire polychrome, Musée du Louvre) | |
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Ces
statues sont les plus anciens exemples connus de représentations
grandeur nature réalisées en Egypte pour des particuliers.
La lecture de leurs titres, inscrits sur le plat des socles, confirme
leur rang social élevé. Sepa, proche du souverain, occupait
des postes importants dans l'administration en tant que "préposé
aux Affaires royales" et "grand des dizaines du Sud". Ses
titres de "prêtre du dieu Kherty" et de "Bâton
du Taureau blanc" attestent qu'il avait aussi des responsabilités
au sein des domaines religieux. Le titre de Nesa "la Connue du Roi"
indique qu'elle était également introduite au palais. |
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| Pyramide
de Djéser (-2630 / - 2610 ans, 62 mètres de haut
et 125 mètres de côté, Saqqarah) |
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| Pharaon de la IIIe dynastie (vers -2 700 ans jusqu'à -2 620 ans). C'est la première pyramide à étage construite par Imhotep (astronome, physicien, médecin, écrivain, chancelier et grand prêtre du Pharaon). Cette pyramide est un tombeau fictif car le souverain était enterré à côté. La première momification date de cette époque, vers 2610. | |
| Le scribe accroupi (-2620 / -2500 ans, Saqqarah, Calcaire peint, 54 cm, Musée du Louvre) | |
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La
fonction de scribe est la plus profitable à l'époque. (intellectuel
de nos jours). La position du personnage et le matériel dont il
se sert désignent un cadre supérieur de ladministration
royale. |
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Statues de Rahotep et Nefret (-2613 / -2500 ans, Méïdoum, Calcaire peint, 1,22 mètres, Musée du Caire) |
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| Rahotep,
durant la IVe dynastie est grand prêtre d'Héliopolis, général,
ainsi que prince de Pe, une des villes saintes de l'Égypte antique.
La mastaba de Rahotep renferme ces deux statues de Rahotep et sa femme Nefret. - "Rahotep" : de couleur ocre rouge. Il porte la moustache, un pagne et un collier. Il a les bras très près du corps. - "Nefret" : de couleur ocre jaune, elle a un collier à sept rangs et une coiffe tripartite. Les yeux sont très réalistes : cornée en quartz blanc, pierre précieuse pour la pupille. C'est un regard d'humain mais en même temps il y a une grande stylisation (hiératisme). Avec le regard, les sculpteurs ont voulu se rapprocher de la réalité. |
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| Statue du Pharaon Kephren (-2600 ans, diorite verte, 168 cm, Temple de la Vallée du Pharaon, Musée du Caire) | |
| La
statue se trouvait à Gizeh dans le temple de l'ensemble funéraire
du Pharaon Képhren, Pharaon de la IVe dynastie. Le Pharaon est assis sur son trône, son regard semble lointain. Il porte le pagne royal (chendjit), le couvre-chef (némès : symbole de la déesse vautour Nékhbet) composé de plusieurs parties : coiffe, bandeau frontal avec une représentation du cobra femelle (assimilée à l'il de Ré, soleil créateur, qui est un symbole de protection car sa flamme terrasse l'ennemi), les ailes sur le côté du visage jusqu'aux épaules (les ailes protectrices de la déesse vautour Nékhbet), les retombées prolongeant les ailes et se rabattant sur la poitrine, la tresse à l'arrière du couvre-chef allant jusqu'au milieu du dos. La nuque est protégée par le faucon Horus qui enserre de ses ailes protectrices la royale tête : "Le Pharaon est un Horus sur Terre". Il porte la barbe postiche, symbole de royauté (la barbe est droite lorsque le Pharaon est vivant et recourbée comme les dieux lorsqu'il est mort). Le Pharaon possède aussi une queue de taureau située entre ses jambes (symbole de puissance guerrière). Sur le bas côté du siège du Pharaon est réprésenté le symbole de l'unification de la Haute et Basse Egypte (Sema-taouy) : deux plantes emblématiques (lotus pour la Haute Egypte et le papyrus pour la Basse Egypte) sont nouées autour d'une traché artère qui symbolise l'union ("sema"). Symboliquement réunies, les Deux-Terres vivent en paix sous l'autorité du Pharaon. |
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| Mastaba de Nefermaat (-2600 ans, 120 mètres par 68 mètres, Meidoum) | |
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Le
prince Néfermaât est fils du Pharaon Snéfrou (IVe
dynastie) dont il fut le vizir. Son nom signifie littéralement
« beauté/perfection de la justice (Maât) ». Il
fit représenter dans son tombeau de Meïdoum pas moins de quarante-cinq
domaines lui appartenant. Les célèbres Oies de Meïdoum
faisaient partie d'une scène de capture d'oiseaux au filet, dans
le mastaba qu'il partageait avec son épouse Itet. Précisions
sur le "Ka" et le "Ba" : |
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| Les oies de Meidoum (-2600 ans, 173 cm par 28 cm de hauteur, Meidoum, Musée du Caire) | |
| Figurant
parmi les premières peintures égyptiennes, les célèbres
Oies de Meïdoum faisaient partie d'une scène de capture d'oiseaux
au filet, dans le mastaba du Néfermaat et de son épouse Itet.
Elles datent de l'époque la IVe dynastie. Sont particulièrement
frappants les tons naturels de la peinture, appliquée sur une couche
de stuc couvrant elle-même un enduit de terre. Des plantes d'un vert
tendre, aux fleurs rouges, évoquent le paysage des rives d'un étang. Les deux oiseaux situés à gauche sont en fait des bernaches à cou roux, proches des oies véritables. |
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| Stèle de Nefertiabet (-2590 / -2565 ans, calcaire polychrome, Gizeh, Musée du Louvre) | |
| La
princesse Nefertiabet est l'épouse du Pharaon Khéops sous
la IVe dynastie. Cette stèle fut scellée sur la paroi extérieure
de son tombeau à Gizeh, au pied de la grande pyramide. Emmurée
par la suite, elle se trouva protégée de l'usure du temps
et des hommes. La raison d'être première de cette stèle,
qu'elle ait été cachée ou non, est avant tout fonctionnelle
: elle fait vivre ce qu'elle reproduit, c'est-à-dire le repas de
Néfertiabet entourée de tous ses biens matériels, depuis
le moment où elle a été créée et pour
toujours - assurant de la sorte à la princesse la vie éternelle
et ses agréments. Nefertiabet a les bras serrés, devant sa table doffrandes. Elle porte une robe moulante en léopard et une perruque tripartite. Tous les aliments destinés au séjour de la défunte dans l'au-delà (viande rouge, blanche ) sont représentés. Elle fait honneur à son repas. Des aliments et des chiffres multiplicateurs sont représentés. On est en présence à la fois d'une peinture, d'un relief et d'une écriture. Le décor est l'écriture et donne le sens de la lecture. Ce sont en particulier les animaux qui donnent le sens de la lecture. Si l'animal regarde à gauche, on lit de gauche à droite. On note que les personnages et dieux sont souvent placés à gauche de la représentation. |
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| Pyramides de Khéops, Képhren, Mykerinos (-2560 / -2500 ans, Gizeh) | |
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Construites sous la IVe dynastie, ces pyramides sont composées de trois éléments : un noyau central en gradins, des blocs de remblai et des blocs de coffrage. Au sommet se trouve un pyramidion en or. On estime qu'il a fallu 20 à 30 000 hommes (paysans et non esclaves) pour construire, sur 80 ans, la pyramide de Khéops. Hauteur : Khéphren : 143,5 mètres, Khéops : 146 mètres, Mykérinos : 65.5 mètres. |
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| Sphinx de Gizeh (-2560 / -2500 ans, sculpture sur falaise, 74 mètres de longueur, 22 mètres de hauteur, Gizeh) | |
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C'est un lion couché avec les insignes royaux. Le visage est un portrait, idéalisé, du Pharaon (Khéphren ou Khéops). Il incarne la force du lion, la sérénité et l'amabilité (sourire). La tête est tournée vers le soleil levant. Le lion attend le soleil chaque matin, il garde le seuil entre le jour et la nuit, l'orient et l'occident, la vie et la mort (cycle, renaissance, certitude d'une nouvelle vie à chaque lever de soleil). |
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| Chambre funéraire d'Ounas (-2350 ans, Saqqarah) | |
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Ounas
fut le dernier Pharaon de la Ve dynastie (de -2356 jusqu'à -2323 ans).
Dans sa pyramide se trouve une chambre funéraire revêtue
de calcaire sur trois côtés et contenant un sarcophage de
basalte noir sans aucune inscription. Son plafond, comme celui de l'antichambre,
est constitué de grosses dalles de calcaire inclinées formant
un toit à deux pentes et décoré d'étoiles.
Les parois de la chambre funéraire, de l'antichambre et d'une petite
partie du couloir qui la précède sont ornées d'inscriptions
hiéroglyphiques disposées en registres verticaux auxquelles
on donna le nom de « Textes des pyramides ». Ces textes, découverts
en 1881 par Gaston Maspero, constituent les toutes premières inscriptions
sur les parois internes d'une pyramide. Leur découverte fut primordiale
pour l'égyptologie moderne : formules magiques, textes rituels
et prières, ces textes préservent le défunt de la
mort définitive. Ces textes contiennent les préceptes moraux
et la signification de la sépulture : le Pharaon est assimilé
au soleil et à sa mort, il va dans les cieux en devenant le soleil,
un Dieu. Il accède à l'immortalité dans les cieux,
contrairement au particulier qui accède à l'immortalité
mais reste dans la tombe. |
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| 4. Epoque Moyen Empire | |
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De
- 2200 ans à 1786 ans : |
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Figurine
d'hippopotame (-2033 / -1710 ans, nécropole de Thèbes,
20,5 cm x 12,7 cm, pâte de quartz coloré en bleu)
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| Cette figurine d'hippopotame présente dans les tombes est le symbole de Seth (mal). Les dessins d'algue sur le corps signifient qu'il est au fond des eaux, maintenu immobile et qu'il ne peut en remonter, il est donc inoffensif. | |
| Statuettes féminines : concubines du mort (-2033 / -1710 ans) | |
| Présente dans les tombes, parfois sans jambes ni bras, elle a pour fonction d'inciter le mort à l'acte sexuel "pour permettre au défunt de renaître de ses propres uvres". | |
| Modèles
réduits (-2000 / -1900 ans) |
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Les
modèles réduits et peintures servent à représenter
le quotidien au service du défunt (greniers, chaînes de labourage).
Les objets, animés du souffle divin, vont pouvoir vivre et travailler
pour que le défunt soit immortel dans sa tombe. |
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| Porteuse d'offrandes (-1950 ans, 108 cm, bois de ficus sculpté et peint, Musée du Louvre) | |
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Ligne allongée, corps en mouvement, vêtement peint, robe moulante. Elle est destinée à nourrir le défunt de façon éternelle. La statue tient un panier sur la tête avec un cuisse de buf et de l'autre main un vase d'eau. |
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| Grande statue du chancelier Nakhti (-1943 /-1898 ans, Bois dacacia polychrome, 178 cm, Musée du Louvre) | |
| Cette
statue date du début de la XIIe dynastie, sous le régne de
Sésostris I. Ce grand dignitaire se tient debout, jambe gauche en avant, ses bras le long du corps. De sa main droite, aux doigts trop longs, il retient le pan de son vêtement. Son poing gauche devait peut-être tenir un sceptre, marque de son autorité. Le visage de Nakhti a perdu lexpression dhumanité initiale que lartisan avait dû lui conférer avec une légère couche de stuc coloré dont on peut encore remarquer les traces auprès des incrustations de lil gauche, sur le front et les oreilles. Sur le socle, une inscription en équerre indique la haute dignité de Nakhti, reconnue tant dans le monde des morts quici bas : "Le bienheureux auprès dOsiris-maître-de-lOccident-dans-toutes-ses-places, le chancelier Nakhti, excellent." Nakhti a le titre de « Chancelier, Commandant des navires ». Lors de sa découverte, la momie de Nakhti est ainsi décrite : « Nakhti dut succomber en pleine vigueur et dans la force de lâge. Son crâne, du type dolichocéphale, et sa face avaient été rasés de près au moment des opérations de momification. Les sourcils, très noirs, étaient encore apparents ; les oreilles étaient petites, ourlées et bien plantées. Les mains, aux doigts longs et effilées, avaient les ongles soignés et coupés ras. ». |
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| Linteau d'une porte : Sésostris III offre du pain à Montou (-1862 / -1843 ans, 107 cm x 226 cm, Calcaire, Musée du Louvre) | |
| Ce
linteau représente le Pharaon Sésostris III à la fois
jeune et vieux : cela signifie que le Pharaon va assumer les étapes du
cycle solaire : Aube (Jeune), Midi (Force de l'âge), Crépuscule
(Vieux). Le cycle de la vie et le cycle solaire se confondent. La face cachée
du soleil ne fait que préparer la résurrection. Il y a aussi l'idée de l'équilibre dans cette représentation. Le Pharaon offre à gauche un petit pain blanc conique, et à droite un gâteau. Les textes en colonne devant le dieu restituent ses paroles : "Je te donne toute santé et toute joie comme Rê", "Je te donne toute vie et pouvoir, toute stabilité comme Rê". Grâce à cet échange quotidien au sein du sanctuaire, le dieu est satisfait, le Pharaon est puissant, et l'équilibre du monde est maintenu. Le dieu guerrier Montou en son temple de Médamoud a pour mission de protéger le nord de Thèbes. |
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| Sésostris III (-1850 ans, Musée du Louvre (1), Musée Egyptien de Berlin (2), British Museum (3)) | |
| Sésostris III porte les signes distinctifs du Pharaon : Némes (coiffe), linge et ruban sur les cuisses, pagne, queue du taureau entre les jambes. | |
| Statue "cube" de Nakht (- 1700 / -1600 ans, Musée du Louvre) | |
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Le
personnage est représenté accroupi sur le sol, les bras
croisés, posés sur les genoux serrés contre sa poitrine.
Seule la tête et la coiffure émergent de cette masse de pierre
immobile qui laisse à peine percevoir les mains et les pieds. Cet
ensemble qui constitue un cube parfait aux angles arrondis donne la possibilité
de graver de longues inscriptions hiéroglyphiques sur les surfaces
à peine modelées. |
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| 5. Epoque Nouvel Empire | |
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-1
555 ans jusqu'à -1 080 ans : Capitale
: Thèbes, Akhetaton (à mi-chemin entre Memphis et Thèbes) Religion
: |
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| Temple funéraire de Thoutmôsis Ier et de sa fille Hatschepsout (-1504 / -1453 ans, Deir el-Bahari, Vallée des Rois) | |
| Le Pharaon Thoutmôsis Ier de la XVIIIe dynastie règne de -1504 à -1492 ans. Durant son règne, il fait de grandes campagnes au Levant (jusqu'à l'Euphrate) et en Nubie, repoussant les frontières de lÉgypte plus loin que jamais auparavant. Il construit de nombreux temples en Égypte et fait vraisemblablement creuser, pour lui-même, le premier tombeau de Pharaon attesté dans la vallée des rois et établit son temple funéraire à Deir el-Bahari à l'emplacement où sa fille, Hatchepsout, reine-Pharaon, construira le sien. | |
| Amenhotep III (-1391 / -1353 ans, Musée de Louxor) | |
| Le
Pharaon Amenhotep III (Aménophis III en grec) de la XVIIIe dynastie
mène lÉgypte à lapogée de sa puissance.
Ce nest pas un guerrier mais un diplomate. Durant son long règne,
une seule expédition militaire est attestée en Nubie pour
réprimer une révolte. Quand en l'an 2 de son règne
(-1406), il prend pour épouse Tiyi qui devient la grande épouse
royale, il commande une série de grands scarabées dont le
verso relate l'évènement et que l'on retrouvera disséminés
dans tout l'empire. Il déclare le premier qu'il est l'image de dieu sur terre. Il s'arroge une dimension quasi divine : "Je suis l'image de Dieu vivante sur Terre". C'est par l'image qu'il imposera cette relation avec le dieu. Ces statues idéalisent la jeunesse. représentent l'extrême jeunesse du Pharaon. On note sous son règne un raffinement des formes de l'art officiel (statuaire, relief, peinture). L'ouverture du pays se poursuit sous le règne d'Amenhotep III et on assiste à un syncrétisme religieux entre les dieux d'Égypte et d'Asie. Le roi du Mitanni envoie à Amenhotep la statue miraculeuse de la déesse Ishtar de Ninive. On considère parfois qu'Amenhotep III est l'un des initiateurs de l'art amarnien. Il est lintroducteur de la religion dAton qui va être suivie par son fils. |
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| Temple d'Amon à Louxor (-1391 / -1353 ans, vue aérienne actuelle (1), entrée du temple et obélisque (2), vue aérienne reconstitution (3), Thèbes, Louxor) | 1.
2.
3. ![]() |
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Le
Pharaon Amenhotep III fait agrandir considérablement le complexe
de Karnak en y faisant construire le temple de Louxor par son architecte
Amenhotep fils de Hapou. Ce temple était relié au premier
pylône du Grand temple d'Amon à Karnak par une allée
(dromos) rectiligne de 2,5 kilomètres bordée de plus de
700 sphinx qui traversait la ville. L'élégance des formes
architecturales et des proportions culmine avec ce temple (colonnes florales)
qui est dédié à la triade des divinités de
Thèbes Amon, Mout et Khonsou. |
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| Les colosses de Memnon (-1360 av ans, 17 m de hauteur, Thèbes) | |
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Le Pharaon Amenhotep III fait construire un immense château de milliers d'années en face de Thèbes dont il ne reste aujourd'hui que les colosses dit « de Memnon ». |
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| Akhénaton IV et Néfertiti devant Aton (-1355 ans à -1338 ans, Musée du Caire) | |
| Les deux bras levés, le couple honore Aton. Il recoit les croix de vie. | |
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| Akhénaton IV (-1355 / -1338 ans, (1) 1,37 mètres, calcaire, Musée du Louvre, (2) Musée du Caire) | |
| Ces
statues sont caractéristiques des nouvelles règles stylistiques
instaurées sous Akhénaton IV : le corps du Pharaon ne se présente
plus comme celui d'un athlète dont la musculature évoque la
puissance de sa fonction ; au contraire, les épaules sont larges
mais plates, le buste presque féminin, la taille haute et étroite,
les hanches larges et épaisses, le ventre bas et lourd. Le visage
est également caractéristique de cette création royale
: le faciès est réalisé à partir de lignes droites,
anguleuses et de surfaces planes qui s'opposent à des lignes et des
volumes souples et courbes. Les traits du visage sont accentués :
yeux en amende, menton saillant, visage allongé accentué par
la longue barbe postiche qui s'étire vers la poitrine, lèvres
lippées. Le visage du Pharaon est à la fois idéalisé
et réaliste. Les noms inscrits sur la statue (1) qui est fragment de pilier provenant d'un édifice bâti à l'est du temple d'Amon à Karnak, ne sont pas le nom du Pharaon mais du dieu dont il était l'image vivante sur terre et l'unique interlocuteur : "Rê-Horakhti apparu dans l'horizon en son nom de Chou qui est dans le disque". Ce colosse représente donc, sous les traits du souverain, le dieu solaire, créateur de l'univers et fondateur de la royauté. |
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| Akhénaton
IV et Néfertiti (-1355 / -1338 ans, calcaire peint, 22
cm, Musée du Louvre) |
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| Cette
sculpture représente Akhénaton et son épouse côte
à côte, les yeux fixés droit devant eux. Elle était
sans doute destinée à un autel privé, devant lequel
les familles rendaient un culte au couple régnant. Il s'agit d'une
image officielle du Pharaon et de la reine, idéalisée. Ils se
tiennent la main et leur corps sont semblables (égalité des
droits entre l'homme et la femme). De tout temps, le Pharaon a joué en
Egypte le rôle d'intermédiaire entre les dieux et les hommes.
A l'époque d'Akhénaton, c'est le couple royal, homme et femme,
qui joue ce rôle plus fortement que jamais. Le soleil, "désincarné",
n'est représenté que par sa manifestation visible, le disque-aton,
et les souverains en sont l'unique manifestation sur terre. Dans les scènes
religieuses, ils sont donc les seuls à recevoir ses rayons. Au dos
de la plaque dorsale se trouve des inscriptions qui associent étroitement
le soleil, le Pharaon et la reine. Derrière le Pharaon, on lit : "Que
vive le soleil, le souverain de l'horizon, qui se réjouit dans l'horizon,
en sa qualité de rayonnement qui vient du disque-aton, qu'il vive
toujours et à jamais ; le Pharaon de Haute et Basse Egypte Néferkhépérourê-Ouâenrê,
qu'il vive." Derrière la reine, le nom du dieu, semblable, est
suivi cette fois de : "La grande épouse royale Néfernéférouaton-Néfertiti,
vivante toujours et à jamais." Lors des fouilles d'Amarna, on a découvert dans les demeures privées un certain nombre de petits monuments, stèles et statues, représentant le Pharaon et la reine. Une chapelle était présente dans de nombreuses maisons, devant laquelle les familles rendaient hommage au couple royal, seule manifestation vivante et terrestre de l'inaccessible disque solaire. |
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| Néfertiti (-1350 ans, calcaire polychrome, 48 cm, Musée égyptien de Berlin) | |
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Néfertiti, l'épouse d'Amenophis IV, est représentée ici de façon surprenante : on pense plus à une personne, un être de chair qu'à une sculpture. Et en même temps elle est idéalisée : c'est un réalisme idéal, une icône. Cela tient au regard, à la couronne élégante et facile à poser. Le maquillage est très fin, le cou impérial. |
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| Masque funéraire de Toutankhamon (-1345 / -1327 ans, Or, Musée du Caire) | |
| Toutankhamon
est un Pharaon de la XVIIIe dynastie, fils d'Akhénaton et de la propre
sur de ce dernier, dont l'identité est inconnue (et non le
fils de Néfertiti, comme on pouvait le croire jusqu'à présent).
Il va régner jusqu'à l'âge de 18 ou 19 ans. Pharaon
obscur, Toutânkhamon doit sa célébrité à
la découverte de sa sépulture intacte par l'archéologue
britannique Howard Carter en 1922 et au fabuleux trésor qu'elle recèle.
La notoriété de la découverte augmenta grâce
à une légende reprise par la presse de l'époque et
faisant état d'une malédiction du Pharaon. Le masque porte un cobra et un vautour (déesses de la Haute et Basse Egypte), des pierres précieuses ayant un symbolisme : cornaline (évocation du sang des dieux), or (évocation de la chair des dieux) et lapis-lazuli (évocation des cheveux des dieux). |
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| Trône royal de Toutankhamon (-1345 / -1327 ans, or, argent et émail, Musée du Caire) | |
| La décoration du trône royal représentant Toutankhamon et la reine Ankhsenamon est caractéristique du style esthétique instauré par Akhénaton IV : pose inédite, voiles, ventre rond (symbole de fertilité et création), Aton. Toutankhamon se fait mettre de l'huile par sa femme (pour lui conférer souplesse et chaleur pour sa vie éternelle). | |
| Statuette
de femme nue (-1300 ans, 10 cm, ivoire, Musée du Louvre) |
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| La jeune femme est entièrement nue, debout, la jambe gauche avancée, les bras collés le long du corps. Elle porte une perruque ronde à boucles serrées et courtes et regarde droit devant elle. Elle évoque la délicatesse et la suavité : tronc tout en longueur, des épaules étroites à la ligne douce, le dos légèrement voûté, la poitrine menue mais bien ronde, l'abdomen, les fesses et les cuisses aux courbes pleines et gracieuses. | |
| La
déesse Hathor accueille Séthi Ier (-1294 /-1279 ans, 2.26
mètres, calcaire et peinture, Thèbes, Musée du Louvre) |
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| Séthi
Ier est un Pharaon de la XIXe dynastie. Fils de Ramsès Ier, il est
le père de Ramsès II. Ce bas-relief provient de la tombe de Séthi Ier, la plus grande de la vallée des Rois. La déesse Hathor (souveraine de l'Occident : le monde des morts) y reçoit le souverain. Elle lui saisit la main et lui tend le collier de l'immortalité. Elle se tient immobile et droite alors que le Pharaon semble en mouvement, légèrement penché vers elle, les jambes en position de marche. La déesse Hathor jouait un rôle important dans l'accueil et l'accompagnement des morts dans l'au-delà. Dans cette scène, le hiératisme traditionnel du dessin égyptien est nuancé par une douceur héritée de l'art arménien : délié des mains, retombées souples des rubans de la perruque du Pharaon et la présentation des deux pieds (gauche et droite) contrairement au passé où deux pieds gauches étaient représentés (changement apporté par Akhénaton IV). Le fond doré en jaune renvoie à l'idée de richesse. Les atours dont ils sont parés reflètent le raffinement et l'élégance de l'art de ce règne : sophistication de la coiffure d'Hathor, fluidité de sa tunique, transparence et légèreté du vêtement du Pharaon. Les bijoux portent les couleurs des matériaux précieux dans lesquels ils sont fabriqués : l'or, l'argent, le lapis-lazuli, la turquoise et la cornaline. |
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| Serviteurs funéraires (-1294 / -1279 ans, 21 cm, calcaire avec pigments, Fitzwilliam Museum, University of Cambridge) | |
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Les
serviteurs funéraires (oushebtis en égyptien : "corvéables",
"répondants", "figurines funéraires"...)
sont de petites statuettes figurant un personnage debout généralement
emmailloté dans des bandelettes (momiforme), parfois habillé,
dont les bras croisés empoignent des instruments ou des attributs
variés. |
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| Hapy
(-1280 ans, granit rose et gris bas, Temple de Louxor) |
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| Bas-relief du trône de Ramsès II (voir en introduction) | |
| Livre
des morts (-1275 ans, Papyrus, British Museum) |
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Le
livre des morts (pouvant atteindre 25 mètres de long) est enroulé
près de la momie. C'est un hymne aux dieux avec des formules magiques
permettant au défunt d'éviter les obstacles, de sortir de
la terre le jour et de rentrer la nuit. Ramsès II ajoute une deuxième
condition pour obtenir l'immortalité : se faire embaumer (la première
condition était de passer le jugement d'Osiris - cf. texte des
sarcophages de l'époque du Moyen Empire). Le livre des morts indique
les étapes pour le jugement des morts : |
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| Colosses
de Ramses II (-1254 ans, 20 mètres de hauteur, Abou Simbel) |
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| Ramses sest inspiré du temple funéraire dAmenhotep III gardé par les célèbres Colosses de Memnon. Il a développé le modèle de son prédécesseur, tant par la taille des colosses, que par leur nombre. Mais les 4 Ramses ne sont pas seuls. Au centre, le dieu Horus fait lui aussi face au soleil et garde la porte dentrée. Aux pieds des colosses, les membres de la famille royale. A lintérieur, une salle-cour, de forme allongée, avec 8 colosses debout de Ramses. Sur les parois, des reliefs représentant la vie du Pharaon, dont la célèbre Bataille de Qadesh. Dès Séthi Ier, on a une iconographie mettant en avant la vie du souverain, notamment sur les pilones des temples (Pharaon avec son char, scènes de chasse métaphoriques qui symbolisent le Pharaon terrassant ses ennemis : un mythe raconte que Ramsès II aurait dérouté 2500 chars ennemis). | |
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| 6. Basse Epoque | |
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De
-1080 ans à -332 ans : Politique
: |
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Statue de la divine adoratrice d'Amon, Karomama (-945 / -715 ans, fonte, alliages variés cuivre, or et argent, 59,5 cm Musée du Louvre) |
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En
marche sur un socle, pieds nus, les bras tendus pour agiter les sistres
(petit bâton égyptien fabriqué à l'aide de
papyrus au bout duquel est accroché une boule de feu. C'est un
signe de victoire, de pouvoir, et de chance), Karomama est vêtue
d'une robe plissée près du corps, aux manches amples. À
demi-longue, la robe est prise dans le plumage du vautour qui glisse sur
les cuisses. La coiffure courte emboîte largement le visage. Une
fastueuse parure d'orfèvrerie rayonne sur le haut de ses épaules
et la naissance de sa poitrine. On est séduit par la féminité
de la figure aux proportions élancées. Par contre, le visage
aux détails raffinés, comme les yeux incrustés, le
nez effilé, et la petite bouche ourlée, montre une expression
sévère. Karomama est en effet représentée
dans l'exercice de sa fonction de Divine Adoratrice. |
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Chatte (-664 / -610 ans, fonte, métal cuivreux et or, 27.6 cm, Musée du Louvre) |
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| Avec
le culte des animaux qui l'emporte sur le culte divin, le chat domestique
devient très important. La statue représente la déesse
Bastet, fille du soleil et protectrice du foyer. Sa silhouette est élégante
et altière, les lignes sont épurées, ce qui lui confère
dignité et force. Elle est parée d'un collier de perles et
d'un pendentif pectoral décoré d'une tête de félin
surmontée d'un disque solaire. Sur sa tête est gravée
l'image d'un scarabée. À l'origine, Bastet est une déesse lionne associée au dieu solaire dont elle incarne la puissance destructrice. Puis vers -1000 ans, elle est aussi, sous sa forme féline adoucie de chatte, maîtresse de la fécondité et protectrice du foyer. Des statuettes et des figurines de matières diverses la représentent alors, en mère chatte attentive, avec ses petits jouant autour d'elle ou accrochés à ses mamelles ou en posture "royale". |
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Crédit
Textes et Photos :
www.louvre.fr / www.metmuseum.org / www.insecula.com www.thebritishmuseum.ac.uk / fr.wikipedia.org / www.men.ch / www.smb.museum |
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